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Burkina Faso : Souveraineté alimentaire, l’État accélère vers l’autosuffisance avec une nouvelle offensive de 840 milliards FCFA.

Le Burkina Faso a manifestement changé de braquet dans sa quête d’autosuffisance alimentaire. Les résultats enregistrés entre 2023 et 2025 sous l’Offensive agropastorale et halieutique témoignent d’une transformation structurelle sans précédent : la production céréalière est passée de 4,66 millions de tonnes à 7,14 millions de tonnes, soit une progression de 53 %, permettant au pays de couvrir environ 124 % de ses besoins céréaliers. Le riz paddy a franchi pour la première fois la barre du million de tonnes, avec 1 008 737 tonnes, tandis que le maïs atteignait 2 686 531 tonnes et la production avicole 18,26 millions de têtes.

Ces avancées reposent sur des investissements massifs dans la maîtrise de l’eau et l’aménagement du territoire. Au cours de la période 2023-2025, 11 774 hectares de périmètres irrigués et 41 275 hectares de bas-fonds ont été aménagés, auxquels s’ajoutent 120 158 hectares labourés et la mise à disposition d’intrants, de semences et de matériels agricoles. Mais l’ambition ne s’arrête pas aux volumes : il s’agit désormais de rapprocher la production du marché. La transformation de la SONAGESS en centrale d’achats a permis d’acquérir plus de 350 000 tonnes de céréales directement auprès des producteurs durant la campagne 2025-2026, tandis que les stocks de souveraineté dépassent 380 000 tonnes, constituant un instrument clé de régulation du marché pendant les périodes de soudure.

La stratégie gouvernementale mise également sur la transformation locale pour créer de la valeur ajoutée et réduire les pertes. Les réalisations annoncées comprennent 418 magasins de stockage, 11 chambres froides, une unité de surgélation de poisson, 63 unités de transformation et 398 kits d’étuvage du riz. L’objectif est de bâtir une chaîne de valeur complète produire, collecter, stocker, transformer et consommer localement afin de créer des emplois et d’offrir des débouchés aux jeunes et aux femmes.

Fort de ces acquis, le gouvernement a annoncé une deuxième phase pour 2026-2028, dotée d’un budget global de 839,99 milliards de FCFA, dont 85,7 % seraient déjà mobilisés. Cette offensive cible une vingtaine de filières prioritaires et vise à maintenir la couverture céréalière à au moins 120 %. La maîtrise de l’eau reste la priorité absolue : construction de 5 nouveaux barrages stratégiques, réhabilitation ou curage de 200 barrages, aménagement de 100 000 hectares de bas-fonds et de 50 000 hectares de périmètres irrigués.

L’autonomie en intrants constitue l’autre pilier de cette souveraineté retrouvée. Le Burkina ambitionne de produire 177 000 tonnes d’engrais à partir du phosphate de Kodjari, tout en développant les agropoles et en étendant les capacités de stockage et de transformation. À travers cette stratégie, l’État burkinabè entend faire de la souveraineté alimentaire une responsabilité partagée, ancrée dans les réalités locales et tournée vers l’avenir.

Ismaël Z.

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