Le développement des infrastructures routières au Bénin s’inscrit depuis quelque temps dans une approche plus large de réorganisation des flux de transport. L’enjeu est notamment de mieux articuler les grands corridors avec les réseaux secondaires, dans un contexte de hausse des besoins de mobilité et des échanges commerciaux
Au Bénin, plusieurs projets routiers ont été approuvés en Conseil des ministres, le mercredi 7 octobre 2026. Les interventions prévues concernent des routes nationales, des pistes rurales, ainsi que plusieurs ouvrages d’art. Parmi les principaux projets retenus figurent la réhabilitation des axes Ouidah-Tori (17 km) et Djougou-Ouaké-Frontière Togo (37 km), ainsi que la reconstruction en 2×2 voies du lot 1 de la route Bohicon-Dassa-Zoumé, sur un linéaire de 35,233 km.
Les deux premiers axes présentent, selon le gouvernement, un niveau de dégradation nécessitant des travaux de rénovation. Le troisième est inclus dans un tronçon stratégique du corridor Cotonou-Niamey, qui assure une importante partie des échanges entre le port de Cotonou, le centre et le nord du Bénin, ainsi que les pays de l’hinterland. Son renforcement est notamment fonction de l’importance du trafic qu’il supporte quotidiennement, avec le passage de nombreux poids lourds transportant des marchandises en provenance ou à destination de Cotonou. Il doit ainsi contribuer à améliorer la capacité et les conditions de circulation.
Un autre volet des décisions porte sur la mise en œuvre du programme de réfection des pistes rurales et des routes en terre classées, au titre de la campagne 2026-2027. Environ 18 000 km de pistes sont concernés, et les travaux comprennent également des interventions de confortement sur les axes ayant subi des dégradations importantes. Selon le gouvernement, ces infrastructures jouent un rôle important dans la mobilité en milieu rural, l’accès aux services sociaux de base et l’évacuation des produits agricoles vers les principaux marchés.
Au titre de la campagne 2025-2026, l’exécutif avait prévu la réfection de 14 193,750 km de pistes rurales et de 2 120,320 km de routes en terre classées.
Ces divers projets s’inscrivent dans une politique de transformation du réseau routier engagée depuis plusieurs années. Selon les données gouvernementales, plus de 3 000 km de routes ont été bitumés au cours des dix dernières années. La stratégie annoncée par le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, prévoit de poursuivre la densification du réseau, notamment à travers de nouveaux axes structurants.
Parmi les annonces figure la création d’un premier corridor transversal reliant le Nord-Ouest au Nord-Est à travers l’axe Natitingou-Guilmaro-Kérou. Un second corridor transversal doit permettre de renforcer la liaison entre le Centre-Ouest et le Centre-Est via l’itinéraire Prékété-Bassila-Bétérou-Tchaourou. Des routes secondaires sont également envisagées pour désenclaver les communes voisines et faciliter les échanges intercommunaux. En parallèle, le gouvernement prévoit de nouveaux investissements pour densifier la voirie dans plusieurs villes du pays.
La réalisation de ces ambitieux programmes fera toutefois face à plusieurs défis, notamment la mobilisation et la sécurisation des financements, le respect des calendriers d’exécution, et la maintenance des infrastructures après leur mise en service. L’augmentation du trafic de poids lourds sur les principaux corridors constitue également un enjeu pour la durabilité du réseau.
