Le Burkina Faso a placé l’éducation au cœur de sa stratégie de développement. Depuis 2024, le gouvernement a engagé une réforme globale visant à moderniser les infrastructures, renforcer la qualité des apprentissages. Et promouvoir les sciences et techniques et rendre l’école plus accessible. L’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), lancée en juin 2024, constitue le cadre central de cette transformation.
Les efforts publics se traduisent d’abord par un vaste programme de construction. En juillet 2026, le Conseil des ministres a décidé la réalisation de 19 nouvelles structures : deux lycées professionnels spécialisés et 17 complexes scolaires, pour un coût global proche de 38 milliards de FCFA, financé intégralement par le Budget de l’État.
L’IPEQ prévoit également 40 amphithéâtres de 500 et 1 000 places dans les universités et centres universitaires, ainsi que des cités universitaires, des forages, l’éclairage et le pavage de rues. Le premier de ces complexes universitaires a été inauguré en septembre 2026 à Nasso, à l’Université Nazi-Boni.
La politique éducative ne se limite pas aux bâtiments. Elle vise aussi la formation continue des enseignants, la dynamisation des cadres d’apprentissage, l’assainissement du système et l’encadrement de la délivrance des diplômes.
Des réformes ont également été introduites dans l’organisation des examens : plus de 27 milliards de FCFA ont été mobilisés pour la session 2026. L’éducation civique est devenue une discipline à part entière, l’hymne national est désormais exécuté en langue nationale, et les candidats en situation de handicap lourd bénéficient d’une prise en charge spécifique.
Le financement national du secteur a atteint environ 92% des 754 milliards de FCFA programmés au premier semestre 2026, signe d’une volonté de réduire la dépendance extérieure.
Le gouvernement entend orienter davantage l’école vers les sciences, les technologies et les métiers techniques. Des lycées professionnels spécialisés sont prévus à Bagré, Samandéni, Kaya et Gomponsoum, afin d’aligner la formation sur les potentialités économiques locales.
L’IPEQ comporte aussi une dimension civique, avec l’immersion patriotique rendue obligatoire par décret en mai 2025. L’objectif est de former des citoyens compétents, mais également attachés aux valeurs de dignité, de solidarité et de responsabilité nationale.
Ces avancées interviennent dans un contexte difficile, marqué par les défis sécuritaires et les besoins croissants d’une population jeune. La réussite dépendra de la capacité de l’État à maintenir les investissements, à recruter et former suffisamment d’enseignants, et à garantir un accès équitable aux établissements dans toutes les régions.
En plaçant l’éducation parmi ses priorités, le Burkina Faso cherche à bâtir les fondations d’une jeunesse qualifiée, créative et utile au développement national.
Achille Seydou.
