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Liberia : L’énergie, « problème fondamental » au cœur du nouveau compact MCC.

Un chiffre résume à lui seul l’ampleur du défi économique : à peine 33% de la population a accès à l’électricité. Sous la Présidence de Joseph Boakai, ce goulot d’étranglement est devenu la priorité absolue d’un compact de plusieurs centaines de millions de dollars négocié avec le Millennium Challenge Corporation (MCC) américain.

Le processus s’est accéléré depuis le début de l’année. En février et mars 2026, une mission du MCC a conduit avec le gouvernement libérien une analyse des causes profondes de la crise énergétique. Une délégation s’est ensuite rendue à Washington en avril pour valider les priorités du futur compact. Le 3 juin, le Président Boakai a validé trois notes conceptuelles portant sur l’électricité, le développement des compétences professionnelles et la gouvernance du secteur minier, transmises deux jours plus tard au MCC. Le Comité d’investissement de l’institution américaine doit statuer fin juillet, pour une décision attendue début août 2026.

L’objectif chiffré est ambitieux : porter le taux d’accès à l’électricité de 33% à environ 70%, voire 75%, en quatre ans. Pour le Ministre des Finances et du Plan, Augustine Kpehe Ngafuan, l’énergie constitue le « problème fondamental » qui freine tout le reste : sans électricité fiable et abordable, ni les entreprises ni les investissements ne peuvent véritablement décoller.

Le Président Boakai a personnellement instruit les responsables d’agences à coordonner leurs efforts et à maintenir de bonnes performances sur le tableau de bord du MCC, condition du maintien de l’éligibilité du pays au programme. Il a également demandé que les notes conceptuelles soient présentées au Conseil des ministres comme une priorité nationale, illustrant une approche pangouvernementale rare sur un dossier technique.

Au-delà des chiffres, les responsables libériens insistent sur la dimension humaine du projet. Le processus a été salué comme la promesse de transformer des idées en infrastructures concrètes, capables de changer des vies : écoles, hôpitaux et industries alimentés en continu, foyers éclairés la nuit.

Si le compact est approuvé à l’été 2026, il marquera une étape décisive pour un pays où le déficit énergétique freine depuis des décennies la croissance du secteur privé et l’attractivité pour les investisseurs internationaux. Le pari de Joseph Boakai est clair : faire de l’électrification le socle d’une transformation économique plus large, plutôt qu’un simple projet d’infrastructure isolé, et démontrer qu’une gouvernance rigoureuse peut transformer un partenariat technique en levier de développement durable.

Francis G.

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