Le Burkina Faso a franchi un cap financier inédit. Le rapport sur l’exécution du budget et de la trésorerie de l’État au 31 mars 2026, présenté en Conseil des ministres le jeudi 21 mai, révèle un excédent budgétaire global de 66,33 milliards FCFA pour le premier trimestre 2026. Un résultat qui tranche nettement avec la situation observée un an plus tôt, où le pays affichait un déficit de 52,68 milliards FCFA sur la même période.
Cette performance repose sur une mobilisation record des recettes. Les régies financières ont recouvré 807,56 milliards FCFA, dépassant l’objectif trimestriel fixé à 748,60 milliards FCFA. L’épargne budgétaire excédentaire atteint quant à elle 239,45 milliards FCFA, contre seulement 86,32 milliards un an auparavant, un signal fort de l’assainissement des finances publiques.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, attribue ces résultats aux réformes de numérisation engagées depuis le début de l’année : généralisation de la facture électronique certifiée pour la TVA, déploiement du programme Smart Douane, et renforcement du contrôle aux frontières. « Nous avons pu dégager des excédents de trésorerie, ce qui a permis d’éponger une grande partie de la dette intérieure », a-t-il souligné.
Cette rigueur budgétaire a également convaincu les partenaires internationaux. En mars 2026, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a validé la quatrième revue de l’accord conclu avec le Burkina Faso au titre de la Facilité élargie de crédit, permettant un décaissement immédiat d’environ 33,2 millions de dollars. L’institution a en outre approuvé un nouvel accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, d’un montant d’environ 124,3 millions de dollars, destiné à renforcer la résilience climatique du pays.
Pour Ouagadougou, ce résultat dépasse le simple indicateur comptable : il incarne une méthode. Sous la Révolution progressiste populaire, la lutte contre l’évasion fiscale et la modernisation des régies financières se veulent les instruments d’une souveraineté retrouvée, où chaque franc collecté finance la sécurité, les infrastructures et les services de base plutôt que de dépendre de bailleurs extérieurs.
