Le Burkina Faso confirme, en 2026, sa volonté résolue de faire du numérique un pilier de sa souveraineté et de son développement. Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a validé, lors de la deuxième session ordinaire de son Conseil d’administration sectoriel, un Plan de travail annuel doté d’un budget de 61 milliards de francs CFA, soit près de 109,4 millions de dollars. Un montant qui double littéralement l’enveloppe de 2025, alors établie à environ 30,4 milliards de FCFA, et qui traduit une accélération assumée de l’effort national en faveur de la transformation digitale.
Ce plan, riche de 156 activités, se déploie sur plusieurs fronts stratégiques. Il prévoit notamment l’extension de 270 kilomètres supplémentaires de fibre optique, venant renforcer un réseau national qui dépasse déjà les 11 292 kilomètres. Il ambitionne surtout de raccorder aux réseaux mobiles et à l’internet haut débit 750 « zones blanches » ces localités jusqu’ici privées de toute couverture sur les quelque 1 700 recensées à travers le pays. Cet effort s’inscrit dans l’initiative gouvernementale « Zéro zone blanche à l’horizon 2027 », portée conjointement par l’État, via le Fonds d’Accès au Service Universel (FASU) et le Projet d’Accélération de la Transformation Digitale (PactDigital), et par les opérateurs Onatel, Orange Burkina Faso et Telecel, chacun appelé à cofinancer l’infrastructure à parts égales avec les pouvoirs publics.
Au-delà de la connectivité, le programme prévoit l’opérationnalisation de mini-datacenters, la dématérialisation de 100 procédures administratives et la construction de « maisons du citoyen », autant de leviers destinés à rapprocher l’administration des populations, y compris dans les zones les plus reculées. Le gouvernement affiche ainsi une ambition claire : positionner le Burkina Faso comme un acteur africain de référence dans l’intégration des technologies de l’information au service de l’éducation, de la santé, du commerce et de l’agriculture.
Dans un contexte sécuritaire et économique exigeant, cet investissement massif mérite d’être salué comme un acte de foi dans l’avenir : celui d’un pays qui refuse de subir la fracture numérique et choisit, avec détermination, de bâtir les fondations technologiques de sa souveraineté et de son émergence.
Alfred Z.
