La récente polémique autour des véhicules blindés fabriqués au Burkina Faso a trouvé une réponse claire et ferme de la part du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Alors que les réseaux sociaux s’enflammaient et que certains détracteurs exprimaient leur scepticisme, le Chef de l’État a tenu à éclairer l’opinion publique sur cette avancée stratégique majeure pour la souveraineté nationale.
Depuis le 13 septembre 2026, les Forces de défense et de sécurité burkinabè ont officiellement intégré une nouvelle dotation de blindés « Nanga » (scorpion en mooré), produits localement. Près de 300 véhicules ont été adaptés ou transformés depuis novembre 2025, dont plus de la moitié seraient déjà déployés sur le terrain pour des opérations militaires. Cette initiative s’inscrit dans la politique « Made in Burkina », visant à réduire la dépendance aux importations d’équipements militaires.
Face aux railleries et aux doutes exprimés par certains observateurs, le capitaine Traoré a apporté une précision essentielle : pour des raisons de secret défense, les usines de montage de véhicules blindés ne peuvent être exposées au grand public. « Beaucoup d’usines de ce genre sont mises en place, mais pour des raisons sécuritaires, ne peuvent pas être montrées », a-t-il expliqué, rappelant que la société Faso Armored, chargée de cette production, ne sera ni inaugurée ni identifiée publiquement.
Cette sortie présidentielle est salutaire à plusieurs titres. D’abord, elle remet les pendules à l’heure face à ceux qui, par méconnaissance ou mauvaise foi, nient la capacité de l’État burkinabè à mettre en place une telle industrie. Ensuite, elle rappelle une réalité élémentaire : en temps de guerre, la discrétion sur les capacités industrielles militaires est une nécessité stratégique, non un signe de faiblesse.
Le Président a également révélé l’existence de quatre à cinq autres sociétés opérant exclusivement dans le secteur militaire, sans préciser la nature de leurs productions. Cette révélation illustre l’ampleur de l’effort industriel engagé par le Burkina Faso pour atteindre l’autonomie militaire.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté industrielle. Elle fait suite à l’inauguration, le 9 septembre, du complexe textile TEXFORCES-BF à Bobo-Dioulasso, dédié à la production des tenues militaires. Le capitaine Traoré a d’ailleurs annoncé l’arrêt de toute nouvelle commande de véhicules blindés à l’étranger, affirmant vouloir désormais tout fabriquer sur place.
La sortie du président Traoré mérite d’être saluée. Elle démontre un leadership clairvoyant, capable de trancher les polémiques stériles tout en préservant les secrets de défense nationale. Elle rappelle également que la souveraineté se conquiert par des actes concrets, pas par des discours. À ceux qui doutent encore, les blindés « Nanga » déployés sur le terrain répondront par leur efficacité opérationnelle.
Amen K.
