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Liberia : La Cour des crimes de guerre, un tournant historique sous l’impulsion de Joseph Boakai

Après des décennies d’impunité, le Liberia franchit un pas décisif vers la justice. Le président Joseph Boakai a officiellement soumis au Parlement les projets de loi portant création d’une Cour des crimes de guerre et crimes économiques, ainsi que d’une Cour nationale anticorruption. Une avancée historique pour un pays encore marqué par les deux guerres civiles (1989-2003) qui ont fait plus de 250 000 morts.

Dès son investiture en janvier 2024, Joseph Boakai a fait de la justice transitionnelle une priorité de son mandat, promettant de rompre avec l’impunité qui a longtemps protégé les auteurs des atrocités. Les guerres civiles libériennes ont été marquées par des massacres, des viols systématiques et l’utilisation d’enfants soldats, sans qu’aucune sanction ne soit jamais prononcée. La Commission Vérité et Réconciliation (TRC) avait recommandé dès 2009 la création d’un tribunal spécial, mais ses conclusions étaient restées lettre morte.

En mai 2024, le président a créé par décret l’Office for the Establishment of the War and Economic Crimes Court, doté d’un budget annuel de 2 millions de dollars. Cet office a depuis élaboré deux projets de loi désormais soumis aux parlementaires. Le Sénat a franchi une étape majeure en approuvant en juillet 2026, par 27 voix sur 29, la résolution soutenant cette initiative.

La communauté internationale salue cet engagement. Les États-Unis ont exprimé leur soutien à ce processus, affirmant leur volonté d’accompagner le Liberia dans l’établissement de cette juridiction. Le président Boakai a intensifié ses efforts diplomatiques pour obtenir un appui international, conscient que la crédibilité de cette cour dépendra aussi de son financement et de son expertise.

Les victimes des guerres civiles attendent cette justice depuis plus de vingt ans. Pour les observateurs, le mandat de Joseph Boakai pourrait constituer « la dernière fenêtre d’opportunité pour une justice significative », les principaux auteurs présumés étant désormais âgés. La nomination de Jarla Barbu, ancien doyen de la faculté de droit de l’Université du Liberia, comme directeur exécutif de la Cour, témoigne de la volonté de confier ce processus à des personnalités intègres.

En posant cet acte historique, Joseph Boakai envoie un signal fort : le Liberia est déterminé à tourner la page des années sombres de son histoire et à bâtir un État de droit où l’impunité n’a plus sa place.

Anthony Johnson.

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